Ethique par ci, éthique par là, on ne peut pas dire que les derniers articles parus dans Plaisirs de la
Chasse sur le tir des brocards en velours auront laissé les chasseurs à l’arc indifférents, si fiers qu’ils sont de leur liberté et de leur indépendance un peu
frondeuse.
Au milieu d’une bonne dizaine d’appels téléphoniques directs, heureusement le plus souvent amicaux, un Email
me qualifie, honteuse et définitive sentence, de « trophéïste ».
Bien que je ne parvienne pas à faire le lien entre mes propos et cette qualification, je souhaiterais définir à
cette occasion et à ma façon le mot « trophéïste », sans rentrer pour autant dans la polémique un peu simple qui consiste à opposer lesdits « trophéïstes » à ceux qui ne le
sont pas et que l’on nomme par opposition les « bidochards » :
Après avoir été une simple activité de survie, la chasse est devenue un art avec le temps, inspirant peintres
et poètes. L’acte du chasseur de la préhistoire ne se résumant déjà plus à une simple prédation alimentaire, l’animal convoité, représenté par ses peintures n’est pas celui de ses repas mais
plutôt celui qui lui permet de se mettre en valeur. Il conservera de lui tout ce qui peut subsister, toutes les manifestations de sa puissance après sa consommation : dents et
griffes d’ours, défenses de sangliers, cornes d’aurochs ou défenses d’éléphants et naturellement ramures de toutes sortes, assorties elles d’une mystique particulière, compte tenu de
leur renouvellement annuel.
Ces éléments qui permettent de faire survivre l’animal ou de s’identifier à lui sont souvent intégrés de façon
artistique aux ustensiles de l’époque, essentiellement de luxe : peignes, manches de couteaux, ….ou finement gravés : broches, amulettes, talismans.
Plus prés de nous, nos châteaux sont ornés de milliers de trophées dont chacun a une histoire et dans nos
demeures, un simple trophée, un seul, permettra de nous rattacher sans équivoque à la grande confrérie des chasseurs.
« Prestige, beauté, souvenirs mémorables et même tragiques, tout cela se trouve confondu dans le culte
porté aux trophées par les chasseurs, qu’ils soient princes ou paysans » résume Dominique Venner dans son formidable « dictionnaire amoureux de la chasse » paru chez
Plon.
Si c’est à cette tradition là que cet Email me rattache et si c’est à ces gens qui nous ont tant légué
alors, j’en suis et j’en suis fier.
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